Le navet

HISTOIRE

Longtemps considéré comme un légume de disette en Europe, avant que la pomme de terre ne fasse son apparition, le navet était très consommé jusqu’au XVIIIème siècle.

Il en existe également différentes espèces en Asie, notamment en Inde et en Chine, qui sont cultivées depuis des millénaires.

Les Grecs et les Romains connaissaient également de nombreuses variétés de navet. Pline l’Ancien, auteur d’une énorme encyclopédie vers l’an 77 intitulée “Histoire Naturelle”, décrit, sous les noms de rapa et de napus, des navets de forme allongée, plate et ronde.

Son goût, qui peut être considéré comme sans grand intérêt quand il est consommé seul sans préparation, le fait qu’il soit une denrée bon marché, n’ont pas donné une très bonne réputation au navet.
Ne dit on pas d’un mauvais film “qu’il est un navet”, ce qui, au vue de la qualité cinématographique d’une certaine production actuelle, est une injure pour ce pauvre légume qui ne demande qu’à pousser !
C’est à la fin du XVIIIème siècle, que des jeunes artistes français, ne trouvant pas à leurs goût une statue antique d’Apollon exposée dans le jardin du Belvédère à Rome,  surnommaient cette dernière « le navet épluché » en raison de sa blancheur et de la forme allongée et lisse des membres sans musculature apparente.

Transférée à Paris par Napoléon en 1798 (mais elle est retournée à Rome depuis), la moquerie l’accompagna et le terme péjoratif finit par s’étendre, au milieu du XIXe, aux tableaux mal dessinés ou mal peints.

C’est assez naturellement que le ‘navet’ désigna plus tard, des films de mauvaise qualité.

NUTRITION

Pourtant, côté nutrition, le navet n’a rien d’un produit de mauvaise qualité, bien au contraire. Comme les autres crucifères (brocoli, chou…), il contient des glucosinolates, des molécules soufrées qui, une fois dans l’organisme, sont hydrolysées en dérivés aux effets anti cancéreux.

Il comporte de plus une bonne quantité de potassium et d’autres minéraux importants pour l’organisme, comme du calcium en quantité non négligeable (⅓ environ de la dose présente dans un yaourt, tout en étant plus assimilable), du cuivre, du fer, du sodium, du zinc… Et un large panel de vitamines du groupe B, de la vitamine C et E.

Il est comme souvent, préférable de le manger cru si on veut bénéficier de tous ses micronutriments bénéfiques.